4 clés en 40 et 4 années

Le 1er mai dernier, je fêtais 2 naissances majeures dans ma vie : la mienne, il y a 40 ans, et celle de mon entreprise, il y a 4 ans. L’année des 4 en somme …

L’occasion de partager avec vous un petit flash-back sur ce que ces années ont fait de moi et m’ont apportée.

 

Naître un 1er mai … ce n’est pas banal !

Beaucoup me l’ont fait remarqué. A croire que dès la naissance j’avais décidé de ne pas faire comme tout le monde (et d’enquiquiner ma mère au passage).

Ou alors c’est de naître un 1er mai qui a cultivé chez moi :

–       l’envie de sortir des rangs, de penser et d’agir par moi-même

–       l’envie de ne pas travailler ce jour-là et d’une manière générale de profiter de la vie

–       l’envie de faire et d’être ce qu’il me plaît (joli mois de mai)

–       l’envie de cultiver le bonheur et les bonheurs

Vous choisirez !

Ce qu’il y a de sûr, c’est que j’ai le privilège d’avoir une date qui se retient et qui dans notre société est celle du seul jour férié obligatoirement chômé. Est-ce également cette date (fête du travail) qui m’a conduit à choisir comme 1er métier la gestion des richesses humaines des entreprises ?

Je ne sais pas mais j’aime ces petits clins d’œil symboliques, comme les pièces d’un puzzle qui n’ont rien à voir les unes avec les autres en apparence mais finissent par former un tout cohérent.

Photo credit: fred_v / Foter.com / CC BY
Photo credit: fred_v / Foter.com / CC BY

En tout cas c’est pour toutes ces raisons qu’il y a 4 ans, lorsque j’ai décidé de me lancer à mon compte, je l’ai officialisé un 1er mai. La naissance d’une nouvelle vie professionnelle qui, je ne le savais pas encore, allait être une renaissance.

4 ans, qui ont sans doute été les plus intenses de toute ma vie professionnelle tant elles m’ont appris de choses, à commencer sur moi-même.

 

1ère clé : Rien n’arrive par hasard

J’en étais déjà intimement convaincue mais l’entrepreneuriat a renforcé ma conviction : le hasard pour moi n’existe pas. Il n’y a que des opportunités. Parfois l’opportunité se présente  d’une façon tellement douloureuse qu’on peine à la voir en tant que telle et pourtant …

  •  J’ai crée sur un accident de parcours brutal

J’ai osé me lancer suite à une rupture professionnelle. Un beau jour, alors que j’avais consciencieusement travaillé pendant 5 ans et que j’étais sur le point d’être titularisée après 6 mois de période d’essai (ne cherchez pas l’erreur, il n’y en a pas … seulement des subtilités de contrats « publics »), mon chef m’a annoncé sa décision de ne pas me garder. Ce jour-là, mon égo en a pris un sacré coup. Le 2ème coup de massue est arrivé quand il m’a expliqué que ce n’était pas mes compétences ou mon implication qui étaient remises en cause mais mon intégration au sein de l’équipe. J’étais alors enceinte de mon 2ème enfant (ne cherchez pas non plus, « seules » mes collègues étaient sensées être au courant).

J’ai mis du temps à m’en remettre et à me relever … Mais j’ai compris que la vie me faisait finalement un cadeau, de façon violente certes mais il le fallait : je n’étais pas à ma place et cela aurait pu perduré longtemps …

  • J’ai commencé par échouer, c’est ce qui m’a permis de réussir (et j’échoue régulièrement depuis !)

Passés les 1ers mois, j’ai rapidement déchanté devant mon chiffre d’affaires et une évidence : il fallait que je trouve des clients et que je vende !

Au moment où j’allais faire une croix sur l’entrepreneuriat et opter pour une autre voie, j’ai rencontré « par hasard » le consultant qu’il me fallait et qui allait changer ma vie en me formant à la vente par la valeur … quasiment sur un malentendu (je suis arrivée à la fin de son atelier de sensibilisation pensant arriver au début).

De mes galères qui ont parfois été de véritables souffrances psychologiques au quotidien, j’en tire aujourd’hui ma principale force : je comprends parfaitement ce que vivent les entrepreneurs qui souhaitent développer leur activité, seul, avec optimisme et détermination au départ, rapidement épuisés sans préparation commerciale.

 

 

2ème clé : La vie n’est pas un long fleuve tranquille

 

Survivre

C’est un fait ! Et cela me va bien au fond (moi qui aime nager à contre courant).

 

Une étape est franchie, que la difficulté suivante apparaît. Rien n’est acquis surtout dans l’entrepreneuriat, pour vous comme pour les autres. L’avantage : tout est possible ! On peut chuter du jour au lendemain mais se relever presqu’aussi vite. On peut rebondir, changer de voie, essayer, tout est permis … et même vivement recommandé.

Après une année d’activité qui a dépassé mes espérances en 2012, j’ai entamé 2013 avec un CA quasi néant et une énergie au plus bas. Cela m’a permis de mieux comprendre d’autres freins à la vente, le rapport à l’argent quand on n’en gagne pas, la difficulté de maintenir son activité tout en développant de nouveaux projets. Je me suis débattue avant de comprendre que je n’avais pas à aller contre mais dans le mouvement qui m’amenait à me repositionner pour aborder un nouveau virage.

La boussole de l’entrepreneur est fait de doutes car aucune route n’est tracée, il se la trace lui-même « chemin faisant » en remettant sans cesse en question la direction à prendre. Les seules certitudes que nous avons sont ce que nous sommes et le cap que nous visons.

Ce que j’ai souvent remarqué c’est que peu d’entrepreneurs parlent de cette route qui serpente, qui monte et qui descend. Si bien que lorsqu’on parle de réussite, on a une illusion devant les yeux : en ne voyant que le résultat d’un processus (la partie visible de l’iceberg) on en déduit que la réussite est arrivée comme par magie ou par chance. On ne voit pas le chemin parcouru, les embûches, les galères qui ont conduit au sommet.

Or personnellement, je ne connais pas de réussite au bout d’une ligne toute droite et fluide. Je ne connais pas de réussite « facile », je ne connais pas d’entrepreneurs qui ne font jamais d’erreurs ou qui ne connaissent pas d’échecs. La réussite est une succession d’erreurs et d’échecs.

 

3ème clé : Être tenace et se remettre en question sont des qualités nécessaires pour tenir dans la durée

crédit photo : Cécile Bonnet
crédit photo : Cécile Bonnet

Entreprendre est une course de fond pas de vitesse. Être le 1er n’est pas le plus important, être toujours là demain, l’année prochaine et dans 10 ans si. Il faut une santé de fer et un moral d’acier pour courir un marathon tous les jours. Un échec, un refus : il faut se relever et repartir de plus belle.

Y croire et tenir bon, ne rien lâcher, persévérer : ce n’est pas parce que cela n’a pas fonctionné comme vous le souhaitiez une fois, qu’il faut abandonner.

Nous avons une tendance à minimiser nos résultats en mettant la barre très haut et en ne voyant que ce qu’il faut améliorer ou corriger.

Un jour alors que je sortais d’un entretien de vente et que j’avais mon coach au téléphone, je lui faisais part de mes insatisfactions me concernant. Je trouvais que je n’avais pas bien réalisé le calcul des enjeux, j’avais l’impression que je n’avais pas suffisamment bien conduit la phase de découverte du besoin prioritaire, je pensais que je pouvais faire mieux sur la prise de conscience de mon prospect. Ce à quoi il m’a répondu : « Tu dois lui présenter un devis ? C’est le principal : tu as atteint l’objectif, le reste est secondaire ! »

Et il avait raison : nous sommes souvent très dur envers nous-mêmes. Oui on peut toujours s’améliorer sur la façon de faire, mais il faut aussi savoir reconnaître le résultat pour ce qu’il est et s’en satisfaire, point barre.

 

4ème clé : C’est quand on cherche qu’on ne trouve pas et quand on ne cherche pas qu’on trouve

 

crédit photo : bellamumma.com
crédit photo : bellamumma.com

Durant ces 4 années, je me suis rendue compte que les actions qui ont eu le plus d‘impact dans mon activité (et sur mon chiffre d’affaires) étaient celles que j’accomplissais spontanément sans arrière pensée que celle d’aller dans le sens de ma nature et de me faire plaisir, sur un coup de tête et de coeur. Peut-être parce que l’authenticité ne se fabrique pas ? …

Entreprendre n’est qu’un jeu finalement : il n’y a rien à perdre à agir, à créer, à oser, à essayer. Et plus vous jouez, plus vous avez de chances de gagner 😉

Un entrepreneur est avant tout quelqu’un de généreux : c’est en voulant aider les autres qu’il a les meilleures chances d’obtenir un retour, le chiffre d’affaires n’étant qu’une conséquence, jamais une fin en soi. J’ai déjà eu l’occasion d’exposer cette posture dans 2 articles que vous pouvez (re)lire : Tout part de soi et La posture idéale pour vendre : ne pas vendre !

Avez-vous remarqué comme parfois, on essaye de « forcer » les choses en vain ? Je me rends compte de plus en plus combien cela ne sert à rien : la vie doit être fluide, évidente, « simple » même si elle demande des efforts.

Désormais je ne cherche plus, je suis ma voie (et ses clés).

Cecile Bonnet

Depuis 2009, j’aide les entrepreneurs à libérer leur vraie nature créative pour libérer leur business. Depuis toujours, je suis convaincue de la brillance de chaque personne mais très frustrée de la voir censurée et étouffée. Ce qui m’inspire et me rend vivante, c’est de voir des personnes oser exprimer qui elles sont vraiment et se réaliser, bien souvent au bénéfice des autres. C’est bien de cela que notre monde a le plus besoin !

34 commentaires

  1. Magaly.H
    Magaly.H à | | Répondre

    Bravo Cécile pour ces 4 années ! Joyeux 40ème anniversaire (un peu en retard …)et beaucoup, beaucoup de bonheur pour la suite !
    Encore une fois, merci pour ton article, toujours inspirant et tellement parlant.
    J’ai la chance d’être née moi aussi un jour férié et un jour de Victoire … peut-être un signe dont je n’avais pas pris pleinement conscience ! En début d’entrepreneuriat, 1 an d’activité et des doutes, des échecs et des victoires (justement)!
    Ce que je retiens dans ton texte et qui me permet de continuer d’avancer : « Y croire et tenir bon, ne rien lâcher, persévérer : ce n’est pas parce que cela n’a pas fonctionné comme vous le souhaitiez une fois, qu’il faut abandonner. »
    Au plaisir de te voir le 14 juin à Lyon 🙂 et de pouvoir échanger sur ces sujets tous très intéressants et vibrants !

  2. France
    France à | | Répondre

    Bonjour Cecile,

    pour moi c’est « TOUT PAREIL » : 40 ans cette année (mais en fin d’année), née un jour férié (c est chouette de pas se lever le jour de son anniversaire), 4 ans d’entreprise, 4 ans de doutes, de hauts et de bas, de changements de cap, d’inquiétudes quant au CA, de tracasseries avec l’URSSAF, la CIPAV… Mais aussi 4 ans de bonheurs, de rencontres, et finalement une si belle vie. A si une chose différente j’ai une seule puce et pas 2 enfants. Et si 40 ans était l’âge des possibles ?
    Bises

  3. morgane
    morgane à | | Répondre

    Cécile, comme souvent chacun de tes mots me parle, résonne en moi profondément. Oui, le chemin est tortueux. En ce moment, je vis le calme des commandes et… pas facile ! Merci de partager avec nous ton expérience, ton enthousiasme, tes doutes, c’est tellement précieux.
    A très bientôt à Lyon, pour faire le lien réel de nos connexions virtuelles !

  4. Céline Charlemagne
    Céline Charlemagne à | | Répondre

    Très bel article Cécile !
    Merci pour ce témoignage dans lequel on ne peut que se reconnaître, en tant qu’entrepreneur(e).
    En effet, les freins, les obstacles, les chutes, nous permettent de nous relever, souvent différemment et encore plus fort(e)s.
    La remise en question est un point essentiel. Nous devons continuellement nous réinventer pour nous adapter aux besoins, pour mieux répondre à nos clients et pour mieux vivre avec ce temps qui ne cesse d’évoluer ‘si rapidement).
    Encore merci pour ce témoignage et joyeux double-anniversaire donc !

  5. Hélène THOMAS
    Hélène THOMAS à | | Répondre

    Encore et toujours les mots justes !
    Merci pour ce bel article, idéal pour un jour de reprise.

  6. DETHYRE Patricia
    DETHYRE Patricia à | | Répondre

    Un grand merci à toi Cécile pour ce partage. Pour ma part, j’arriverai en fin d’année à 4 ans d’activité libérale d’écrivain conseil, biographe. Les hauts et les bas sont monnaie courante et je n’ai pas encore réussi, comme tu le fais, à me détacher l’esprit et le cœur du compteur du CA qui, en cette année 2013 particulièrement difficile, baisse au lieu de monter. Quand le doute et les difficultés financières sont là, il est très difficile de continuer à voir les choses positivement. La méthode Coué a hélas ses limites. Mais, ton message me fait chaud au cœur et me donne l’énergie de continuer, malgré tout. Patricia

  7. Nadege Vialle - Proximaction RH

    Bonjour Cécile,

    En effet tu as un anniversaire hors du commun doublé par celui de la naissance de ton entreprise !

    Ton parcours m’inspire parce que tu suis ton intuition et que tu restes fidèle à tes croyances.

    Belle continuation au pays de l’entrepreneuriat 🙂

  8. Sandrine Pouchain
    Sandrine Pouchain à | | Répondre

    Merci Cécile, pour ce témoignage touchant de sincérité et qui nous fait nous sentir moins seuls, nous les entrepreneurs. Bon anniversaire et longue vie à nos sociétés !

  9. DROUAL Raphaël
    DROUAL Raphaël à | | Répondre

    Coucou Cécile,

    Bravo encore pour cette belle histoire, cette histoire qui finalement est celle de chacun lorsque le parcours du combattant de l’entrepreneur commence.
    Ca donne du courage et de l’espoir… Merci pour tout et à très vite
    Bises

  10. Pascaline
    Pascaline à | | Répondre

    Bonjour Cécile ! Et bon anniversaire + 21 jours !
    Merci de partager tout cela, on se sent moins seul.
    Une bise à tous les lecteurs de ce blog.

  11. Perrine
    Perrine à | | Répondre

    Bonjour Cécile, votre témoignage est très riche pour moi qui suis au tout début de mon parcours d’entrepreneuse. Beaucoup d’idées à retenir ici: il n’y a pas de hasard, j’ai commencé par échouer ce qui m’a permis de réussir…un grand merci donc de me faire voir les choses telles qu’elles sont vraiment et de me faire voir que je ne suis pas la seule à m’être « pris une claque » pour en arriver là.

  12. Kristin
    Kristin à | | Répondre

    Oui, Cécile, je n’aurais jamais imaginé ces montagnes russes par lesquelles je passe avec une rapidité époustouflante : un moment pleine d’enthousiasme, le jour suivant, voire l’heure suivante, totalement découragée.
    C’est tellement déstabilisant qu’il est bon de savoir que tout le monde y passe.
    Merci pour ce nouveau partage inspirant.

  13. Céline
    Céline à | | Répondre

    Hello Cécile, merci pour ce partage. Ça me parle évidemment… comme ça doit parler à beaucoup, chacun sur différents niveaux pour différentes raisons. Aujourd’hui je retiens : « C’est quand on cherche qu’on ne trouve pas et quand on ne cherche pas qu’on trouve ». Et avoir trouvé sa voie est déjà un sacré luxe ! La suivre, notre plus grand périple…

  14. France
    France à | | Répondre

    Bonjour Cécile et merci pour ces mots qui trouvent toujours écho en moi.
    Je me retrouve souvent dans ce que tu écris et cela m’aide à relativiser, à prendre du recul… Tout est loin d’être rose ! On se lance dans l’aventure de l’entrepreneuriat un peu comme on saute dans le grand bain sans bouée canard (enfin pour ma part…) et après il faut faire face. Faire face au doute, aux autres, et surtout à soi-même. Il me semble parfois être comme un bébé qui ne sait pas marcher, la montagne est trop haute, le chemin est trop difficile… Et quand on « ne » voit que la réussite des autres, on se dit qu’on n’est pas à la hauteur, qu’on n’y arrivera jamais. Mais tu as raison ce que nous voyons c’est une illusion de réussite sans connaissance du chemin parcouru et des embûches surmontées parce que cela ne se dit pas, ce n’est pas bien de montrer ses doutes ou ses faiblesses et c’est bien dommage voire dommageable…
    Nous ne sommes pas des machines de guerre et tes propos nous ramènent à la réalité des choses, de la vie, de la vraie vie !
    C’est avec authenticité et sincérité que je te souhaite un double joyeux anniversaire !!! A tout bientôt.

  15. elodie
    elodie à | | Répondre

    Bel anniversaire alors ! plein de symboles effectivement !

  16. Patricia
    Patricia à | | Répondre

    Hello Cécile !
    Pour quelqu’un qui est né un 1er mai, tu te débrouilles bien finalement et tu n’as pas chômé. C’est important de nommer ces bas qui jalonnent la vie d’un chef d’entreprise sans qu’il soit nécessaire d’en faire une longue plainte. Parce que, comme tu le dis, il ne suffit pas seulement d’avoir envie de créer, c’est un parcours qui s’effectue sur du long terme où l’on développe son souffle (je ne compte plus les apnées :-)). Ce que l’on oublie trop souvent aussi, c’est le fait de se faire accompagner, d’être soutenu(e) pour franchir les étapes où l’on peut vite s’essouffler seul(e). On veut faire des économies de bout de chandelle et finalement nous nous noyons ou continuons à nous taper la tête contre le mur, là où, en étant accompagné(e), le verrou saute très vite et où nous gagnons du temps. Surtout dans ces moments de découragement où l’on se dit que l’on n’a pas les épaules d’entreprendre. Alors que des épaules, c’est comme le reste, ça se développe, il suffit juste de faire les bons mouvements avec le « coach » qui s’y connait !
    Bonne journée à toi et au plaisir de te lire

  17. Françoise Landuré
    Françoise Landuré à | | Répondre

    Bon anniversaire, Cécile, et merci pour ce partage, qui ne peut que résonner dans le cœur de beaucoup d’entrepreneurs.

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